
















Slide listening (2017)
Instrumentation: concertino for piano and orchestra
Duration: about 9 minutes
Premiere: March 5th 2017 by the three finalists of Piano Campus international piano competition.
Orchestre Melodix, conducted by Fabrice Parmentier
National Theater of Cergy-Pontoise
Publisher : Éditions Musicales Artchipel
Commission: Pascal Escande for Piano Campus competition
Slide-listening est une pièce écrite pour piano et orchestre qui s’éloigne quelque peu de la forme classique du concertino dans le rapport entre le soliste et l’orchestre. Ici le discours ne s’établit pas au sein d’un axe confrontation/dialogue, mais plutôt dans une volonté d’orchestrer l’instrument soliste, de créer une sorte de piano augmenté par l’orchestre. Ce dispositif compositionnel filtré laisse s’échapper quelques résidus orchestrés et autres textures autonomes pensées comme des respirations d’ordre environnemental, proches du design sonore.
La forme et le matériau convergent dans la figure du glissement. Du glissement de l’archet sur les cordes au glissement de clusters diatoniques au piano, du glissement des flutes à coulisses au glissement de la superball sur le tam, du glissement d’objets musicaux au glissement des situations d’écoute, ces diapositives sonores s’entrechoquent à un tempo soutenu.
Cette pièce, créée par les finalistes du concours international Piano Campus 2017, met par ailleurs en jeu ce que j’appelle des OEM (objets esthétiquement modifiés) issus du concerto pour piano de Schumann (au programme de la finale). Les OEM sont des fragments musicaux issus de la littérature classique ou traditionnelle ; ces fragments sont, un peu à l’instar des manipulations génétiques, d’abord prélevés, décontextualisés, modifiés esthétiquement, puis confrontés à un nouvel environnement musical.


Yokai Matsuri ! (2025)
ensemble / butÅ dance
27 minutes
Premiere in 2026, february 7th in Musée Guimet - Musée des Arts Asiatiques, Paris.
YÅko Higashi (ButÅ dance), Mieko Miyazaki (Koto)
Ensemble Court-Circuit.
Conductor: Jean Deroyer.
Commissioned by Ensemble Court-Circuit, with the support of Erst von Siemens Fundation, Fondation Franco-Japonaise Sasakawa, Fondation Salabert, SACEM.
Publisher : Ãditions Musicales Artchipel
YÅkai Matsuri! â åŠæªç¥ãïŒÂ sâinscrit dans la continuité de mes recherches compositionnelles autour de la mise en tension de mon langage musical avec des ressources culturelles japonaises, un axe de travail engagé depuis plus de quinze ans. Ces recherches ont donné lieu à de nombreuses Åuvres, allant du quatuor à cordes (Neige de Jakuchu â è¥å²ã®éª) au théâtre nÃŽ (Himitsu no neya â ç§å¯ã®éš), de piÚces intégrant des instruments traditionnels japonais (Yomi no kuni kara â 黿³ã®åœãã) à la mise en musique dâun kata de judo (Katanoise â 圢ãã€ãº).
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Pour cette nouvelle création, jâai choisi de convoquer la figure des yÅkai, envisagée à la fois à travers lâhistoire de ses représentations dans le manga et dans un dialogue avec sa possible incarnation chorégraphique au sein du corps dâune danseuse ButÅ. Les yÅkai, êtres surnaturels du folklore japonais, regroupent des esprits, monstres ou phénomÚnes ambigus, oscillant entre malveillance, facétie et protection, souvent liés à la nature, aux lieux, aux objets ou aux affects humains.
La forme de lâÅuvre repose sur une organisation tripartite, chaque partie étant elle-même divisée selon une logique ternaire, dans une approche fractale inspirée du principe du Jo Ha Kyū â åºç Žæ¥Â (introduction, développement, final), concept fondamental de lâesthétique japonaise présent aussi bien dans le nÃŽ que dans le gagaku ou la cérémonie du thé.
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Les deux premiÚres parties sont consacrées à la présentation de neuf yÅkai chacune : la premiÚre explore des figures relevant de phénomÚnes sonores, comme Kosokoso Iwa â ãããã岩, la pierre qui murmure ; la seconde sâattache à des entités associées au mouvement et à lâénergie cinétique, telles que le Kamaitachi â é錬, créature tourbillonnante armée de griffes. La troisiÚme partie prend la forme dâune grande procession sonore inspirée du Hyakki HyakÅ â çŸé¬Œå€è¡, la légendaire « marche nocturne des cent démons », vision foisonnante et chaotique où lâinvisible fait irruption dans le monde humain.
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Lâessence de YÅkai Matsuri! réside ainsi dans un jeu dâécarts et de frottements â entre représentation picturale, corporalité de la danse ButÅ et écriture musicale contemporaine â que reflÚte une forme mettant en tension fragments et continuité, pensée fractale et unité globale, matériaux narratifs et travail plus abstrait sur le timbre.
YÅkai Matsuri! â åŠæªç¥ãïŒ is part of the continuity of my compositional research, which explores the tension between my musical language and Japanese cultural resourcesâan axis of work I have pursued for more than fifteen years. This research has resulted in numerous works, ranging from string quartet (Neige de Jakuchu â è¥å²ã®éª) to Noh theatre (Himitsu no neya â ç§å¯ã®éš), from pieces incorporating traditional Japanese instruments (Yomi no kuni kara â 黿³ã®åœãã) to the musical setting of a judo kata (Katanoise â 圢ãã€ãº).
For this new piece, I chose to invoke the figure of the yÅkai, approached both through the history of its representations in manga and through a dialogue with its possible choreographic embodiment in the body of a ButÅ dancer. YÅkaiâsupernatural beings from Japanese folkloreâencompass spirits, monsters, or ambiguous phenomena that oscillate between malevolence, playfulness, and protection, often linked to nature, places, objects, or human affects.
The form of the work is based on a tripartite structure, with each section itself divided according to a ternary logic, in a fractal approach inspired by the principle of Jo Ha KyÅ« â åºç Žæ¥Â (introduction, development, conclusion), a fundamental concept of Japanese aesthetics found in Noh theatre, gagaku, and the tea ceremony alike.
The first two sections are each devoted to the presentation of nine yÅkai: the first explores figures associated with sonic phenomena, such as Kosokoso Iwa â ãããã岩, the whispering stone; the second focuses on entities linked to movement and kinetic energy, such as the Kamaitachi â é錬, a whirling creature armed with claws. The third section takes the form of a large-scale sonic procession inspired by the Hyakki HyakÅ â çŸé¬Œå€è¡, the legendary ânight parade of one hundred demons,â a teeming and chaotic vision in which the invisible bursts into the human world.
The essence of YÅkai Matsuri! thus lies in a play of gaps and frictionsâbetween pictorial representation, the corporeality of ButÅ dance, and contemporary musical writingâreflected in a form that places fragments and continuity, fractal thinking and overall unity, narrative materials and a more abstract work on timbre in constant tension.