Qui a peur du loup? / Macbeth (2019)

Headphone opera.

Commission : Ensemble Ars Nova

Text by Christophe Pellet and William Shakespeare

Instrumentation : 2 singers, 2 actors, one violist, ensemble on support (serpent/saxhorn, accordion, percussions, electric guitar, viola, cello, doublebass), electronics.

Pre-recorded ensemble Ars Nova conducted by Jean-Michaël Lavoie.

IRCAM Sound engineer/electronics : Sébastien Naves.


Duration : 2 X 50 minutes
Dedication : Ensemble Ars Nova.

Publisher : Éditions Musicales Artchipel

Premiere at Maison Maria Casarès. 2019, July, 22th by Juliette Allen, Léna Rondé, Iris Parizot, Johanna Silberstein, Philippe Canalès.

Stage direction : Matthieu Roy.

Tour at Opéra de Bordeaux, Festival Manifeste IRCAM Paris, TAP, Scène Nationale de Saint-Quentin-en-Yvelines, NEST, Festival Ring etc.




 

Qui a peur du loup ? / Macbeth est un diptyque opératique qui traverse la question de la peur, du monde de l’enfance à celui de l’adulte. Les deux parties, basées sur Qui a peur du loup ? de Christophe Pellet et Macbeth de William Shakespeare, se déploient au sein d’un même dispositif assez innovant ; elles sont incarnées par cinq interprètes sur le plateau (deux chanteuses, deux acteurs et une altiste), dans un espace de proximité scénique où le public est équipé de casques audio. Il s’y diffuse un ensemble instrumental virtuel qui dessine des espaces oniriques et/ou violents dialoguant avec une électronique en trois dimensions par mixage binaural.

Sur le plateau, des sons de Rhodes restituent une réduction orchestrale permettant aux interprètes de jouer sans chef.

 

Musicalement, l’aspect numineux des deux ouvrages est mis en avant, par le biais de l’expérience immersive du dispositif qui nous place dans ce que le théologien Rudolph Otto appelle l’expérience affective du sacré, où un mystère est perçu simultanément comme effrayant et fascinant (mysterium tremendum et mysterium fascinans).

Saturations hurlantes de guitare électrique, cordes préparées, modes de jeux inattendus tissent des polyrythmies inquiétantes et tribales qui n’excluent pas l’expression de profils mélodiques fragiles et consonants.

 

Formellement, les deux parties du diptyque partagent quelques matériaux communs, échos résiduels d’une peur enfouie qui laisse une trace dans notre mémoire et qui questionne notre propre perception.